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Message • Hommage • 14 juillet 2016

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Je suis debout

J'ai une pensée pour les victimes et pour leurs proches, pour celles et ceux qui vont passer la nuit à essayer de joindre leurs amis, leurs enfants, leurs familles...

J'ai une pensée pour celles et ceux qui vont apprendre que leur vie ne sera plus jamais la même, saccagée vainement dans la version moderne du massacre des Innocents.

J'ai une pensée pour les rescapés de Nice, qui ne comprendront jamais vraiment pourquoi eux ont survécu, quand leurs proches auront été fauchés dans la fleur de l'âge.

J'ai une pensée pour les rescapés de Paris et du Bataclan, ceux de Bamako et de Bruxelles, ceux d'Orlando, de Bagdad... Tous ceux qui à cause de cet acte barbare vont voir resurgir dans leur vie les images effroyables qu'ils auront mis tant de temps à enfouir au plus profond d'eux-mêmes.

J'ai une pensée pour tous les peuples qui vivent sous le joug du terrorisme, pour tous les peuples qui sont victimes de l'aveuglement et du fanatisme des bêtes immondes qui donnent la mort au nom de Dieu.

J'ai une pensée pour les gendarmes, les policiers, les pompiers, les militaires, les infirmières, les médecins, le personnel soignant, témoins parfois impuissants de la bestialité et de la cruauté des hommes, mais toujours en première ligne pour nous défendre, nous protéger, pour nous sauver la vie parfois au péril de la leur.

J'ai une pensée pour nos enfants, qui grandissent dans un monde fait de violence et de haine de l'autre, dans un monde où l'horreur devient le quotidien, dans un monde où les victimes du terrorisme sont tellement nombreuses que je n'ai plus assez de cocardes et de couleurs pour leur rendre un dernier hommage.

J'ai une pensée pour mes frères et mes sœurs catholiques, juifs, musulmans, bouddhistes, athées... Pour mes frères et mes sœurs qu'on montre du doigt, qu'on désigne comme responsables des malheurs qui nous frappent. Pour mon frère catholique qui ne peut plus porter de croix autour du cou, pour ma sœur musulmane dont on s'écarte parce qu'elle est voilée, pour mon ami juif qui laisse sa kippa dans sa poche par peur des représailles...

J'ai une pensée pour nous, auteurs, écrivains, poètes, pour nous qui comme Charlie n'avons pour seul arme que nos crayons, pour nous qui ne pouvons combattre l'obscurantisme que par la lumière d'un trait de plume : c'est à nous qu'il appartient de faire savoir que nous sommes debout. Aujourd'hui. Demain. Toujours.

J'ai une pensée pour vous, enfin, qui m'avez lu jusqu'au bout, alors que cet endroit n'est pas dédié à ce genre de publications... Si je vous ai dérangés, je m'en excuse... mais j'avais besoin de ça. Et quoi qu'il arrive, quoi qu'il puisse se passer :

#JeSuisDebout

Littérairement vôtre,
Vincent